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75e du CST - récits

CSE - CST 1946 - 2021

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La première initiative verte du CST

Entre 1941 et 1945, la Sous-section de l’examen (XU) est le premier organisme civil de renseignement électromagnétique (SIGINT) du Canada à se concentrer sur le déchiffrement du trafic provenant du gouvernement de Vichy, alors dans une France occupée, ainsi que sur d’autres communications militaires et diplomatiques.

Mary Oliver, connue comme la « secrétaire de la Sous-section », occupe le poste d’adjointe exécutive du directeur et, dans son rôle, est de bien des manières responsable de l’administration de tout l’organisme. Elle s’occupe de tous les aspects du fonctionnement des lieux, dont le recrutement, la formation et les opérations. Comme madame Olivier est une employée ingénieuse, on l’interpelle souvent pour trouver des solutions à des problèmes inhabituels.

Mary Oliver

Un de ceux-ci survient vers 1943, lorsque le directeur de la XU, F.A. Kendrick (un décrypteur prêté par Bletchley Park) s’informe auprès de Washington de la possibilité de faire l’acquisition de matériel qui pourrait être utile pour l’équipe de la XU qui s’occupe du déchiffrement des communications militaires japonaises. Étant donné qu’il est habituel à ce moment que ce type de demandes ne se réalisent qu’après plusieurs mois, madame Oliver est surprise qu’en quelques jours un avis soit envoyé à l’administration centrale de la XU sur l’avenue Laurier à Ottawa pour indiquer qu’une livraison expresse de la part de la Signal Security Agency des États-Unis attend, sous garde armée, à la station de train : cinq tonnes de cartes perforées de IBM.

« On m’a confié l’horrible tâche de trouver une place pour toutes les mettre, se rappelle madame Oliver. Le ministère des Travaux publics ne pouvait m’offrir assistance, le directeur du renseignement militaire n’était pas vraiment intéressé [...] J’ai entrepris de mesurer les entretoises et les croisillons du bâtiment pour vérifier s’ils pourraient supporter les boîtes de cartes. Étant donné que les cartes pourraient gondoler si elles n’étaient pas entreposées dans un endroit sec, il était nécessaire de leur trouver une place où elles ne se détérioreraient pas. Finalement, après avoir pris de nombreuses mesures, un ingénieur du ministère des Travaux publics a convenu que le matériel pouvait être entreposé au 3e étage et dans l’attique du 4e étage. »

Un soir, après que tout le personnel est rentré à la maison, monsieur Kendrick s’est rendu à la station Union et a accepté la livraison. Il a fallu trois heures pour la ranger, avec l’aide de la garde des anciens combattants qui avait été désignée pour s’acquitter de la corvée.

En dépit des efforts considérables qui ont été déployés pour livrer et entreposer les cartes perforées de IBM, elles se sont avérées n’être que très peu utilisées. Selon madame Oliver :

« Les cartes sont restées là-haut pendant deux bonnes années et je pense que seulement une demi-douzaine d’entre elles ont été utilisées. »

À la fin de la guerre, lorsque monsieur Kendrick se préparait à retourner au Royaume-Uni, il a senti le besoin de gérer « l’éléphant blanc » caché dans l’attique de la XU. C’est alors que la première initiative verte de l’organisme de SIGINT du Canada a été entreprise : Mary Oliver a décidé que plutôt que de détruire ces cartes, on les enverrait à la «  Booth’s Paper Company » pour être transformées en pâte à papier.

« Ainsi, on a réservé un sort utile à ces cinq tonnes de cartes IBM en les transformant, entre autres, en boîtes pour gâteaux et en cartons de crème glacée. »

Des cartes perforées de IBM

Histoires précédentes

Edward Drake

Considéré par plusieurs comme un pionner de la cryptologie au Canada, Edward Michael Drake, entre 1940 et 1971, a été l’architecte du service de renseignement électromagnétique (SIGINT) de l’armée canadienne durant la Seconde Guerre mondiale et de la fondation du service civil de SIGINT du Canada après cette guerre. Il a été le premier directeur du premier organisme de SIGINT national intégré au Canada, la Joint Discrimination Unit (JDU), qui combinait le renseignement sans fil et le décryptage en une seule installation et qui a été le moteur de la création de l’organe de décryptage du Canada en période de guerre, la sous-section de l’examen (XU).

Bien que le service de SIGINT de Drake a abondamment couvert les opérations de l’armée allemande durant la première partie de la guerre, à partir de 1942, il s’est concentré sur le soutien des États-Unis et de la Grande-Bretagne en leur fournissant le SIGINT nécessaire aux opérations des alliés contre l’Empire japonais. Ed Travis, à la tête de Bletchley Park au Royaume-Uni, a décrit le travail de l’unité de Drake sur le trafic militaire japonais comme un de très haut niveau en comparaison à ce que d’autres sources offraient à ce moment.

En reconnaissance de son apport inestimable au SIGINT des alliés et à la cryptographie durant la Seconde Guerre mondiale, Edward Drake a reçu la Légion du mérite des États-Unis (officier) le 18 juillet 1946. Cet honneur était accompagné d’une lettre du président Truman (traduction libre) :

« Le lieutenant-colonel Edward M. Drake, état-major général de l’armée canadienne, a rendu un service exceptionnellement méritoire à son pays et aux États-Unis entre janvier 1943 et août 1945. L’esprit exemplaire de coopération internationale du colonel Drake dans un domaine extrêmement technique et spécialisé est une contribution exceptionnellement méritoire à la poursuite fructueuse de la guerre. »

Sa Majesté Royale le roi Georges VI a octroyé une dérogation spéciale au colonel Drake pour que ce dernier puisse porter la médaille qu’il a reçue des États-Unis sur son uniforme canadien.

Les dirigeants du SIGINT des alliés font souvent référence au travail du lieutenant-colonel Drake et à la JDU qu’il a dirigée lorsqu’ils parlent de la contribution importante du Canada à la Seconde Guerre mondiale. Ces réalisations extraordinaires ont soutenu de manière prépondérante le développement continu du SIGINT canadien en temps de paix.

Grâce à celles-ci, et sans conteste à sa personnalité, Edward Drake a obtenu le soutien nécessaire à la création de l’organisme indépendant de cryptologie du Canada. À la fin de la guerre, il a été mandaté par le gouvernement du premier ministre Mackenzie King pour établir et diriger le premier organisme permanent de cryptologie du Canada, la Direction des télécommunications du Conseil national de recherches du Canada (DTCNR), qui a été plus tard renommée le Centre de la sécurité des télécommunications (CST).

Ce qui a rendu Edward Drake unique dans le monde du renseignement électromagnétique et de la sécurité des communications est sa vision; une perspective mondiale qui allait au-delà de la crise du moment et voire de sa propre vie. Même dans les débuts de la coopération des alliés en matière de renseignement électromagnétique et de cryptologie durant la Seconde Guerre mondiale, Drake a eu la clairvoyance de reconnaître le partenariat international remarquable que la collectivité des cinq allait développer. Il a dédié sa vie à cet important partenariat et a assuré la place du Canada au sein de ce dernier en tant que membre indépendant et à égalité de parts. En 2019, Edward Drake est devenu le premier Canadien à être intronisé au temple de la renommée de la National Security Agency (NSA) des États-Unis.

Edward Drake a été un leader exceptionnel. Poussé par son esprit analytique et son inébranlable détermination à faire ce qui est juste, Drake a gagné la confiance de ses supérieurs, le respect de ses collègues en plus de la loyauté et de l’affection de ceux qui ont travaillé sous sa gouverne.

Lorsque Edward Drake s’est éteint au milieu de la journée du 8 février 1971, il a laissé un héritage durable à la collectivité du renseignement du Canada et aux alliés de ce pays. C’est grâce à cet héritage que le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) d’aujourd’hui a été fondé et qu’il continue de réaliser sa mission au quotidien.

Photo
Edward Drake

Robert S. McLaren, premier officier de liaison du CST

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Forces armées canadiennes interceptaient déjà des signaux cryptés bruts provenant du trafic de communications d’armées et de missions étrangères ennemies. Le SIGINT intercepté par les Forces canadiennes servait principalement à localiser l’ennemi en fonction de métadonnées envoyées par la suite aux services de renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis.

Lorsque la France a été envahie par les nazis, le Canada s’est vu encouragé par les Alliés à mettre sur pied un bureau civil responsable d’intercepter et de décrypter les signaux contenant des communications provenant du gouvernement de Vichy ainsi que d’autres communications militaires et diplomatiques. Il arrivait parfois, en fonction du type de communications interceptées, que ce soit le personnel militaire qui en analyse le contenu, mais la plupart du temps, c’était le personnel civil de la Sous-section de l’examen (XU) qui déchiffrait le contenu et qui diffusait le renseignement au ministère canadien des Affaires étrangères et aux Alliés.

Robert S. McLaren, que ses collègues appelaient affectueusement « Mac », a acquis une grande notoriété en cryptographie au Canada en tant que membre de la XU. Son travail consistait en déchiffrer des communications interceptées dans des endroits comme la Station Forces Canadiens Leitrim, qui étaient ensuite fournies aux autorités canadiennes et américaines.

En tant que cryptanalyste, McLaren a beaucoup travaillé avec ses homologues américains durant la guerre, et c’est dans ce rôle qu’il a rencontré William Friedman, un des pères fondateurs de la NSA, et qu’il est devenu son ami.

En février 1950, après l’établissement de l’entente CANUSA permettant l’échange de renseignement électromagnétique entre le Canada et les États-Unis après la guerre, McLaren est devenu le tout premier agent supérieur de liaison de la Direction des télécommunications à Washington (CBSLO pour Communication Branch Special Liaison Office). McLaren a occupé ce poste jusqu’en août 1951.

Les quatre manuels portant sur la cryptanalyse militaire du ministère de la guerre des États-Unis (US War Department)

Durant son passage au CBSLO, McLaren a tellement impressionné ses homologues américains que William Friedman, considéré par une fondateur de la cryptographie américaine, lui a offert un coffret de quatre manuels portant sur la cryptanalyse militaire du ministère de la guerre des États-Unis (US War Department), manuels que Friedman lui-même avait écrits en 1938. Friedman a écrit une note personnelle dans chacun des volumes du coffret, dont celle-ci :

« À mon ami et associé Robert S. McLaren, avec la confiance qu’il n’y apprendra rien qu’il ne sait pas déjà! »

« À mon ami et associé Robert S. McLaren, avec la confiance qu’il n’y apprendra rien qu’il ne sait pas déjà! »

ROCKEX – La gardienne des secrets

Nous sommes en 1946. La Seconde Guerre mondiale est finie, mais la Guerre froide ne fait que commencer. La capacité de maintenir un système sûr de transmission de renseignements hautement classifiés est plus importante que jamais.

La solution s’appelle HYDRA, une station de retransmission haut de gamme de conception canadienne construite et grandement déployée durant la guerre. Bien que HYDRA ait été conçue au Canada, le contrôle opérationnel de ce système reste aux mains des Britanniques.

La collaboration est donc la clé du succès du renseignement électromagnétique canadien. En témoigne une note de service écrite à Norman Roberston, sous-secrétaire d’État aux Affaires extérieures, indiquant que la prise de contrôle de HYDRA par le Canada contribuerait considérablement à l’effort du Commonwealth et des États-Unis en matière de renseignement électromagnétique en période d’après-guerre.

Le centre névralgique de HYDRA est la machine cryptographique Rockex, conçue par Benjamin de Forest Bayly, un ingénieur électricien de Moose Jaw, en Saskatchewan.

Benjamin de Forest Bayly

La Rockex marque une étape importante dans l’évolution de la cryptographie. Les machines cryptographiques des générations précédentes, comme ENIGMA, la machine allemande bien connue, utilisaient des rotors pour chiffrer les messages mécaniquement. Ces machines à rotors peuvent générer des codes fort complexes, mais des cryptographes hautement compétents ont prouvé, encore une fois avec ENIGMA, que ces codes peuvent être déchiffrés.

La Rockex utilise plutôt un téléimprimeur pour mélanger deux ensembles de données. Inspirée du chiffrement de Vernam (une technique de chiffrement téléimprimé à l’aide d’une clé à usage unique), la Rockex utilise une paire de clés de chiffrement, une pour l’expéditeur afin de chiffrer le message et une autre pour le destinataire pour déchiffrer le message. La paire de clés est évidemment utilisée une seule fois et sans les clés, il est impossible de lire les messages de la Rockex. Voilà la solution! Une machine de chiffrement hors ligne, impénétrable, qui chiffre et déchiffre un message en temps réel, à la vitesse de saisie du texte par l’opérateur.

Exemple d’un cryptogramme à usage unique de la Rockex

Lorsque Bayly a conçu et construit sa machine cryptographique, il a misé sur la longévité; la Rockex a protégé la sécurité des communications bien au-delà de la période de l’après-guerre. Le Royaume-Uni et le Canada ont choisi la Rockex pour les communications diplomatiques TRÈS SECRET. À partir des années 1950, les membres de l’OTAN l’ont également utilisée pour leurs communications les plus sensibles.

L’historien John Ferries de l’Université de Calgary a écrit que le succès des efforts de Bayly était tel que les dérivés de la Rockex étaient encore en fonction dans les ambassades du Royaume-Uni dans les années 1970.

La dernière Rockex a été officiellement mise hors service en 1983, clôturant 40 ans d’incroyables services au Canada et un peu partout dans le monde.

Ce dispositif cryptographique Rockex fait partie de la collection d'objets historiques du CST et est exposé à l'édifice Edward-Drake à Ottawa, ON

L’insigne du CST (Deuxième partie)

Le 1er mai 1991, Stewart Woolner, le chef du CST a annoncé dans une note de service destinée à tous les employés que le CST souhaitait entamer la création d’un logo ou d’un insigne qui lui serait unique et qui apparaîtrait sur des enveloppes, des épinglettes, des publications et des documents utilisés en interne, ou sur des avis publics, comme les publicités relatives au recrutement et le matériel de conférence. Tous les employés ont été invités à soumettre des suggestions de design qui refléteraient la mission unique du CST. On allait ensuite demander à l’unité de Graphisme et de photographie (aujourd’hui appelée Services de création) du groupe T de préparer une représentation professionnelle des suggestions les plus prometteuses.

Plusieurs employés se sont sentis à la hauteur et ont soumis des idées. L’une d’elles représentait une feuille d’érable, un éclair et une clé. L’image de la clé avait été calquée sur une vieille clé qui a appartenu à la grand-mère de l’employé qui a présenté le design.

Deux des dessins initiaux de l'insigne du CST.

Bien que beaucoup d’enthousiasme se dégageait de ce défi, il a été décidé qu’on allait s’adresser à la toute nouvelle Autorité héraldique du Canada et à Robert Watt, le Hérault d’armes du pays, pour obtenir leur expertise en matière de design d’insigne. Selon le chef Woolner, le CST a entretenu des discussions avec le Hérault d’armes du Canada avant qu’une décision soit finalement prise en regard d’un design.

La toute première proposition comprenait une grande partie de ce que nous trouvons à l’insigne d’aujourd’hui : un cercle bleu qui représente le monde de l’information, un besant doré arborant une feuille d’érable en guise de symbole du Canada, une paire d’éclairs pour représenter les communications, et une clé qui fait allusion à la nature sensible et protégée de l’information traitée par le CST, le tout chapeauté de la couronne, conformément à l’approbation de la reine.

La signature de la reine apposée sur cette image atteste officiellement l’approbation de l’utilisation de la couronne royale dans le design de l’insigne du CST.

Ce design arborait toutefois une grosse feuille d’érable en arrière-plan et de petits billets dorés rectangulaires parsemaient son champ bleu. Ces rectangles devaient représenter des fragments d’information et symboliser la complexité du monde de l’information. On trouvait également au design l’inscription « UT ORATIO SIT LIBERA ET NUNTIUS SECURUS », qui pourrait se traduire librement comme « de manière à ce que l’expression soit libre et l’information protégée ». Ce premier design a été proposé par l’Hérault d’armes Robert Watt et dessiné par l’artiste David Farrar. Il a été présenté officiellement au chef Woolner par l’Hérault d’armes le 24 septembre 1993.

Le design a ensuite été révisé pour qu’on y enlève finalement la feuille d’érable en arrière-plan et les rectangles dorés. On a également changé l’expression latine pour la suivante « NUNTIUM COMPARAT ET CUSTODIT» qui signifie « fournir et protéger l’information ».

Le 19 octobre 1994, lors d’une assemblée de tous les employés du CST au Centre d’études fédérales sur le chemin Heron, le Hérault d’armes du Canada, au nom de Sa Majesté la reine Elizabeth II, a présenté au chef Woolner les lettres patentes attestant l’insigne du CST. Lorsqu’on a questionné monsieur Woolner sur le sujet en septembre 2019, il a dit que cette cérémonie a été unique, impressionnante et touchante et qu’elle a procuré un sentiment de fierté et d’accomplissement aux employés du CST.

Lors d’une cérémonie officielle à l’extérieur de l’édifice Sir-Leonard-Tilley, le chef du CST, monsieur Stew Woolner, en compagnie de commissionnaires, hisse le premier drapeau arborant l’insigne du CST 6 juin 1996

Presque deux ans après la cérémonie, le 6 juin 1996, dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire du CST, une cérémonie officielle s’est tenue à l’extérieur de l’édifice Sir-Leonard-Tilley (l’ancienne administration centrale du CST sur le chemin Heron). Le drapeau arborant le nouvel insigne du CST y a été hissé pour la première fois sous le drapeau canadien. Monsieur Woolner a dit avoir encore des frissons lorsqu’il voit le drapeau du CST flotter fièrement, représentant notre organisme et des milliers d’hommes et de femmes qui ont travaillé à la DTCNR ou au CST et qui ont largement contribué au bien-être de notre pays.

Stew Woolner, dans une entrevue de 2019, a indiqué qu’il a encore des frissons lorsqu’il voit notre drapeau place en évidence et flotter fièrement.

L’insigne du CST (Première partie)

Le titre d’un communiqué de presse du gouvernement du Canada publié le 30 mai 1988 indiquait que la Reine affirmait l’importance des symboles canadiens. Dans cette publication, le premier ministre, Brian Mulroney, et son secrétaire d’État, Lucien Bouchard, annonçaient que, le 4 juin de cette année-là, Son Altesse Royale le prince Edward allait présenter à la gouverneure générale Jeanne Sauvé des lettres patentes confirment la création d'un bureau c

anadien à qui accorder des armoiries et permettre une promotion générale de l’utilisation des symboles canadiens.

En d’autres mots, le Canada allait obtenir un Héraut d’armes et devenir la première nation du Commonwealth à laquelle la Reine allait donner le pouvoir d’autoriser des armoiries officielles. Les employés du CST ont rapidement noté ce changement ; il y avait déjà près de dix ans que l’organisme déployait des efforts pour obtenir un insigne propre à l’organisme.

Un échange de notes datant de 1981 entre le directeur du groupe U (SIGINT), Ron Ireland, et le directeur général de l’administration, Paul Gratton, démontre que le CST manifestait l’intérêt de créer son propre insigne. Monsieur Ireland avait étudié la possibilité d’adopter un insigne pour le CST et en avait discuté avec des fonctionnaires du Programme fédéral de l’image de marque (PFIM) du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT). À l’époque, monsieur Ireland a conclu qu’il était peu probable que le SCT fasse exception au PFIM pour permettre au CST d’arborer son propre insigne. Plus tard, le SCT a soutenu que cet effort pourrait se révéler incohérent, sinon contre-productif, au respect de l’objectif général du CST de se montrer discret au sein du gouvernement fédéral.

Une correspondance de 1990 entre Shane Roberts, un cadre supérieur du CST, et un haut responsable des politiques au SCT à propos de la possibilité de créer un insigne pour le CST et de faire exception au PFIM indique toujours de la résistance à l’égard de cette idée. Le SCT a fait remarquer qu’il ne pouvait accorder d’exemption à son PFIM sans qu’une lettre de soutien du ministère de la Défense ne soit présentée directement au Conseil du Trésor (au niveau du comité du Cabinet). Plus encore, le SCT a indiqué qu’il n’aimerait pas recevoir une telle lettre étant donné qu’elle pourrait soulever des questions sur ce que le CST est et fait et que cela justifierait une telle exception.

La porte n’était pourtant pas complètement fermée. D’autres discussions avec le SCT au cours des années qui ont suivi, y compris des interventions du chef Stewart Woolner, ont mené à un compromis. Un message en interne écrit par Shane Roberts, daté du 6 septembre 1990, indique que la position du SCT était que le CST pourrait être autorisé à utiliser un symbole particulier sur des enveloppes, dans des campagnes de promotion ou sur du matériel de conférence et d’autres médias semblables, MAIS qu’il ne pourrait pas l’utiliser dans un en-tête. Monsieur Roberts a ajouté que la frontière était mince, mais que les gourous du SCT offriraient de l’orientation sur cette distinction.

Cette saga n’était pas encore terminée, mais après plusieurs années d’efforts, la voie était enfin libre et le CST pouvait obtenir son insigne.


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