Avant le commencement : la Sous-section de l’examen et la Joint Discrimination Unit

La Sous-section de l’examen (XU) a été le premier bureau constitué de civils ne s’occupant que du cryptage et du décryptage des signaux de communications. Jusqu’alors, la collecte renseignement électromagnétique (SIGINT) relevait entièrement de l’Armée. Le coup d’envoi de la création d’une unité civile de décryptage fut donné simultanément par deux entités distinctes.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Forces armées canadiennes interceptaient déjà des signaux cryptés bruts provenant du trafic de communications d’armées et de missions étrangères ennemies. Le SIGINT intercepté par les Forces canadiennes servait principalement à localiser l’ennemi en fonction de métadonnées envoyées par la suite aux services de renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis.

Lorsque la France fut envahie par les nazis, le Canada se vit encouragé par les Alliés à mettre sur pied un bureau civil responsable d’intercepter et de décrypter les signaux contenant des communications provenant du gouvernement de Vichy ainsi que d’autres communications militaires et diplomatiques. Il arrivait parfois, en fonction du type de communications interceptées, que ce soit le personnel militaire qui en analyse le contenu, mais la plupart du temps, c’était le personnel civil de la XU qui déchiffrait le contenu et qui diffusait le renseignement au ministère canadien des Affaires étrangères et aux Alliés.

En 1945, les différentes sous-sections de collecte de SIGINT de la Marine, de l’Armée et des Forces aériennes se sont réunies pour former la Joint Discrimination Unit (JDU), située dans le même édifice que la XU. À la fin de la guerre, le volet militaire et le volet civil ont coordonné leurs efforts de collecte, d’analyse et de diffusion de SIGINT avec une efficacité remarquable. C’est cette réussite qui a permis de justifier la fondation d’un organisme de cryptologie canadien en temps de paix : la Direction des télécommunications du Conseil national de recherches (DTCNR).

La modeste Sous-section de l’examen a énormément contribué à l’effort de guerre, comme en témoigne le décret adopté en secret qui a vu naître, en août 1946, la DTCNR… qui allait devenir, un jour, le CST. La création de la DTCNR a été recommandée afin de permettre à 179 personnes aux talents et à l’expertise sans pareils, provenant de la XU et de la JDU, de poursuivre leur travail.