Discours de la chef du Centre de la sécurité des télécommunications Comité permanent de la défense nationale Le 19 mai 2016

Bonjour, Monsieur le Président et tous les membres du comité. Je suis Greta Bossenmaier, chef du Centre de la sécurité des télécommunications, aussi appelé CST. Monsieur Dominic Rochon, chef adjoint des Politiques et communications et madame Shelly Bruce, chef adjointe du Renseignement électromagnétique m’accompagnent aujourd’hui. Nous sommes heureux d’être ici pour vous parler du mandat et du rôle du CST ainsi que des activités qui s’y déroulent.

Cette année marque le soixante-dixième anniversaire du CST. Au cours des soixante-dix dernières années, le CST s’est adapté aux immenses changements qui ont marqué la sphère de la sécurité internationale et à l’évolution rapide des technologies des communications. De la guerre froide aux groupes terroristes, comme l’État islamique, et du télégraphe à Internet, la nature de notre travail est plus complexe et plus diversifiée que jamais.

Permettez-moi tout d’abord de vous expliquer notre contexte. Il y a cinq ans, le CST a accédé au statut d’organisme autonome relevant du ministère de la Défense nationale et devant rendre des comptes au ministre de la Défense nationale. Aujourd’hui, le CST est l’un des principaux organismes de sécurité et de renseignement du Canada. Notre mission découle des trois volets du mandat du CST en vertu de la Loi sur la défense nationale.

Le premier volet de notre mandat concerne la collecte et l’analyse de renseignement électromagnétique étranger. La Loi sur la défense nationale autorise le CST à acquérir et utiliser l’information provenant de l’infrastructure mondiale d’information dans le but de fournir du renseignement électromagnétique étranger, en conformité avec les priorités du gouvernement du Canada en matière de renseignement. Le renseignement ainsi obtenu nous aide à comprendre en profondeur et de façon unique les menaces potentielles auxquelles le Canada doit faire face.

Il est important d’insister sur le fait que le CST vise uniquement les entités et les communications étrangères, et que la loi lui interdit de viser des Canadiens ou des personnes se trouvant au Canada.

Le deuxième volet de notre mandat porte sur la cyberdéfense et la protection. Le CST fournit des avis, des conseils et des services visant à renforcer la protection des infrastructures d’information et des renseignements électroniques importants pour le gouvernement du Canada. Notre expertise dans le domaine de la cybersécurité nous permet de contrer les cybermenaces les plus graves qui pèsent sur les réseaux et les systèmes informatiques, et sur les informations qu’ils contiennent.

Enfin, le troisième volet de notre mandat consiste à fournir de l’assistance technique et opérationnelle aux organismes fédéraux qui sont chargés de l’application de la loi et de la sécurité en vertu des fonctions qui leur sont légalement conférées. En tant qu’organisme national de cryptologie du Canada, le CST possède un savoir-faire et des capacités uniques. Dans le cadre de son mandat d’assistance, le CST peut mettre ses capacités à la disposition d’organismes chargés de l’application de la loi ou de la sécurité, conformément à l’autorisation juridique de l’organisme demandeur.

Il est aussi important de souligner que les principes du respect de la loi et de la vie privée font partie intégrante de nos activités. Il nous incombe de protéger la vie privée des Canadiens et nous prenons cette responsabilité très au sérieux. La protection de la vie privée des Canadiens est un élément fondamental de notre culture organisationnelle et fait partie intégrante de nos structures, politiques et processus organisationnels. Le CST est régi par un cadre très rigoureux de protection de la vie privée et fait l’objet d’examens internes et d’examens externes indépendants.

Le commissaire indépendant du CST est chargé d’effectuer l’examen externe du Centre de la sécurité des télécommunications. Le commissaire, un juge retraité, et son personnel composé d’experts ont libre accès aux employés du CST, aux dossiers, aux systèmes et aux données de l’organisme. De plus, le commissaire a le pouvoir de citer des témoins à comparaître, au besoin. Le commissaire dépose son rapport sur les activités du CST devant le ministre de la Défense nationale, mais il ne relève pas du ministre, ni du gouvernement, ni du CST. Grâce à ces mesures, on s’assure que le CST effectue ses activités tout en protégeant la vie privée des Canadiens.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, tout au long de ses soixante-dix ans d’existence, le CST a servi le pays avec fierté, en s’adaptant sans cesse aux changements considérables qui se sont produits sur le plan de la sécurité internationale. Comme vous pouvez l’imaginer, cet environnement dynamique continuera de façonner nos activités.

Parlons de résultats concrets. Les renseignements fournis par le CST jouent un rôle vital à l’appui des opérations militaires du Canada. Le renseignement du CST a permis de mettre au jour des complots d’extrémistes étrangers qui voulaient attirer, radicaliser et entraîner des individus dans le but de perpétrer des attaques au Canada et dans d’autres régions du monde. Il a également donné lieu à des avertissements en temps opportun qui ont permis de contrer des cybermenaces visant le gouvernement du Canada et des infrastructures et réseaux essentiels. Ce renseignement nous aide à défendre le Canada en nous donnant les moyens de déceler les actes d’hostilité de services de renseignement étrangers. Il a d’ailleurs été un facteur déterminant dans le maintien de l’intégrité de nos frontières et de nos infrastructures. Le renseignement fourni par le CST a grandement servi les intérêts du Canada en fournissant des éléments contextuels sur les crises et les événements mondiaux, permettant ainsi aux intervenants canadiens de prendre des décisions éclairées en matière de sécurité nationale, de défense et de politique étrangère.

Nous nous efforcerons sans cesse de fournir, en temps opportun, de précieux renseignements étrangers qui répondent aux priorités du gouvernement du Canada. Dans un contexte mondial qui devient de plus en plus complexe, il est indispensable d’avoir accès à du renseignement étranger. Pensons au renseignement essentiel que le CST fournit aux responsables de l’opération IMPACT et qui sert à protéger les troupes canadiennes des menaces sur le terrain en Irak. Le ministre de la Défense nationale a affirmé que le renseignement a été un aspect important de cette mission, et je suis fière du fait que le CST continuera d’apporter sa contribution à mesure que la mission canadienne évoluera.

Nous continuerons également à mettre l’accent sur la cybersécurité. Au Canada et dans le monde, un nombre sans cesse croissant d’opérations gouvernementales, d’affaires, de systèmes militaires et d’activités citoyennes sont menés en ligne. La présence accrue de l’information numérique et des systèmes électroniques représente une occasion extraordinaire pour le Canada. Mais elle expose également les systèmes de nos gouvernements, l’industrie canadienne et, en fin de compte, les Canadiens à des risques et des menaces. Même si, depuis soixante-dix ans, la protection des communications et des informations les plus sensibles du Canada a toujours fait partie intégrante du mandat du CST, il n’en demeure pas moins que cette dépendance accrue envers l’information numérique exige que nous intensifiions les mesures de cybersécurité.

Le Centre de la sécurité des télécommunications a fait ses preuves dans ce domaine, à titre de leader innovateur et de partenaire de confiance, en devenant un centre d’excellence en cybersécurité pour le gouvernement du Canada. Les États et les entités non étatiques qui sont en mesure de mener des cyberopérations malveillantes et soutenues ne cessent d’augmenter et constituent une menace constante pour le Canada. Les activités de cyberdéfense du CST jouent un rôle déterminant dans l’approche pangouvernementale visant à combattre les cybermenaces.

Chaque jour, les mécanismes sophistiqués de cyberdéfense du CST bloquent plus de cent millions de cyberattaques malveillantes dirigées contre le gouvernement du Canada. De plus, l’information en cyberdéfense que diffuse le CST a permis de prévenir d’importantes pertes économiques, de protéger l’information la plus sensible du Canada, ce qui a aidé les entreprises canadiennes à  protéger leurs systèmes et de l’information. Grâce aux initiatives éducatives du CST, comme les 10 meilleures mesures de sécurité des TI visant à protéger les réseaux Internet et l’information du gouvernement du Canada, nous aidons les professionnels des TI à être au fait des nouvelles menaces et mesures d’atténuation afin de protéger les systèmes du gouvernement du Canada et l’information qu’ils renferment.

Enfin, nous sommes engagés à faire preuve d’une plus grande ouverture et transparence sur la manière dont nous protégeons les Canadiens et leur vie privée. En janvier, le CST a tenu sa toute première séance d’information technique à l’intention des médias et des parlementaires. Il n’est pas facile d’expliquer les aspects techniques et complexes de notre travail dans un environnement non classifié, mais cette séance d’information avec les médias a été un premier pas dans la bonne direction. Nous mettons d’autres mesures en place pour expliquer aux Canadiens ce que nous faisons pour les protéger. En outre, nous avons récemment fait nos débuts dans les médias sociaux en lançant un compte Twitter, nous avons affiché du nouveau contenu dans notre site Web et produit des vidéos sur le travail que nous effectuons en cyberdéfense. 

Je conclurai mon allocution en réitérant ma confiance en notre capacité à persévérer malgré les profonds changements, à réagir aux impératifs, toujours plus nombreux, imposés par les cybermenaces; à fournir, en temps opportun, du renseignement étranger crucial au gouvernement du Canada; et à continuer de protéger la vie privée des Canadiens. Ma confiance repose sur le professionnalisme et sur l’engagement dont fait preuve l’effectif hautement qualifié du CST. Le personnel du CST est la force motrice qui définit notre organisme et nos capacités, et qui nous rend aptes à atteindre nos objectifs. Il s’agit, sans doute, de notre plus important atout.

Je vous remercie de nous avoir invités aujourd’hui. Nous serons heureux de répondre à vos questions.