Cybermenaces contre le processus démocratique du Canada

Comment le processus démocratique est-il ciblé?

Cible : les médias

  • Menace : Manipuler secrètement les médias traditionnels et les médias sociaux afin d’influencer le discours politique ou pour amenuiser la confiance du public envers le processus démocratique.

La Charte canadienne des droits et libertés protège la liberté d’expression et la liberté de réunion. À l’instar des autres démocraties occidentales, les médias canadiens (médias traditionnels et médias sociaux) facilitent les échanges de renseignements et d’opinions, et représentent une tribune où les idées et mouvements politiques connaissent leur essor.

Une participation politique significative au processus démocratique du Canada dépend de l’accès qu’a le public à un large éventail de renseignements et de points de vue politiques. De nos jours, les Canadiens suivent les actualités en ligne, par l’entremise des médias traditionnels, des médias sociaux, ou des deux. C’est aussi en ligne que la majorité des Canadiens font valoir leur point de vue sur les questions politiques du jourNotes en fin de texte 15.

Il existe la préoccupante possibilité de voir des adversaires étrangers se servir secrètement de cybercapacités pour essayer d’influencer l’environnement médiatique du Canada. Les adversaires pourraient y parvenir en ayant une excellente compréhension du fonctionnement des médias traditionnels et des médias sociaux et de la manière dont les Canadiens consomment l’information. L’existence d’une influence étrangère, ou la perception d’une telle influence pourrait avoir des répercussions sur l’opinion des électeurs et réduire la confiance que les Canadiens ont envers l’information qu’on leur présente.

Les adversaires pourraient utiliser les médias sociaux pour répandre des mensonges et de la propagande à un large public, et ce, à très peu de frais. Les adversaires peuvent se faire passer pour des fournisseurs d’information légitimes et brouiller les frontières entre les vraies nouvelles et la désinformation. Ils peuvent y parvenir en piratant des comptes dans les médias sociaux, ou en créant des sites Web ou des comptes dans les médias sociaux qu’ils font passer pour des fournisseurs de nouvelles et d’information dignes de confiance.

 

Figure 5 : Amplification à l’aide de réseaux de zombies dans les médias sociaux

Figure 5 - Description

Une seule personne peut exploiter des centaines, voire des milliers de comptes afin d’amplifier son message ou de donner artificiellement l’apparence d’un consensus public à l’appui d’un point de vue en particulier.

 

Certains adversaires se tournent vers des usines de trolls, des gens rémunérés pour diffuser de la propagande dans la section des commentaires des sites Web des médias traditionnels, ainsi que sur Twitter, Facebook et toute autre plateforme qui leur permet de rejoindre leur public. D’autres adversaires se tournent vers les réseaux de zombies, un ensemble d’ordinateurs coordonnés par un seul utilisateur. Comme l’illustre la figure 5, une seule personne peut exploiter des centaines, voire des milliers de comptes afin d’amplifier son message ou de donner artificiellement l’apparence d’un consensus public à l’appui d’un point de vue en particulier.

Les adversaires peuvent choisir parfois de soumettre les journalistes, ou toute personne à qui ils veulent nuire, à d’importantes campagnes de harcèlement et d’intimidation. Si des journalistes ou des citoyens essaient de répondre aux attaques, ils peuvent mettre en danger leur vie privée, leurs finances ou leur sécurité personnelle. Une autocensure peut alors résulter de ces démarches, ce qui aurait des conséquences désastreuses sur le discours politique et sur les enquêtes qui vont à l’encontre des intérêts des adversaires.

  • 36,5 millions de canadiens
  • 26 millions - de Canadiens inscrits au registre national des électeurs
  • 22,4 millions de Canadiens accèdent quotidiennement à Facebook
  • consultent les actualités en premier lieu à partir de sources numériques