CANUSA

Le 29 juin 2019 marquera le 70e anniversaire de CANUSA, une entente établie en 1949 qui a jeté les fondements de l’échange de renseignements électromagnétiques entre le Canada et les États-Unis. 

Les débuts de CANUSA remontent à la Seconde Guerre mondiale, lorsque le Royaume-Uni a demandé aux États-Unis (alors neutre) de lui fournir du trafic de signaux allemands. Le Canada, en raison de sa situation géographique stratégique, est naturellement devenu un partenaire dans cet effort de guerre.

Le SIGINT canadien, tant des organismes de cryptologies civils que militaires, s’est avéré être un atout plus précieux qu’on s’attendait dans ce partenariat. Le Canada a fourni du renseignement crucial provenant du trafic sud-américain, français, espagnol et japonais ou de la bataille de l’Atlantique.

L’échange de renseignements, tout au long de la guerre, a été un avantage considérable pour les alliés. Au fur et à mesure qu’elle prenait fin, le Royaume-Uni et les États-Unis ont commencé des négociations sérieuses pour maintenir leur partenariat et pour rendre formel un régime d’échange de renseignements après la guerre.

En a résulté l’entente BRUSA (en anglais Britain-USA)* du 5 mars 1946. Le statut de dominion britannique, dont celui du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de quelques autres pays, a été traité dans les annexes de l’entente. Ces pays, bien qu’ils jouaient un rôle important, étaient plutôt des partenaires minoritaires.

Il était clair dès le départ toutefois que ni le Canada ni les États-Unis n’étaient satisfaits du fait qu’ils devaient obtenir l’approbation du Royaume-Uni avant de pouvoir échanger du renseignement SIGINT entre eux. Les négociations ont commencé pour consolider le rôle du Canada dans ce nouveau partenariat en matière de renseignement.

Le Canada était sorti de la Seconde Guerre mondiale avec un sentiment nationaliste plus fort et un désir de jouer un rôle plus important sur le plan mondial. Cette ambition aurait toutefois exigé une évaluation indépendante des affaires mondiales ainsi que la capacité d’établir des priorités nationales en matière de renseignement et de les réaliser.

Le Canada souhaitait une participation équitable à la table de discussion de cette alliance d’après-guerre en matière de renseignement qui était sur le point de se former.

Après trois années de négociation, le 27 mai 1949, un échange écrit a commencé entre les autorités SIGINT du Canada et des États-Unis. G.G (Bill) Crean, président du Centre de recherches sur les communications (CRC) du Canada, a proposé une entente bilatérale sur la sécurité et le partage de COMINT au United States Communication Intelligence Board (USCIB). 

Le major général Charles Cabell, président du USCIB, a accepté la proposition de manière formelle dans une lettre envoyée le 29 juin 1949. C’est ainsi que CANUSA est né et que le Canada est devenu un partenaire égal dans une entente BRUSA élargie.

En 70 ans, l’entente CANUSA s’est approfondie, a mûri et a fait preuve de sa valeur à plusieurs reprises. Le CST est toujours aussi fier de faire partie du partenariat de la collectivité des cinq et reconnaît la prospective ainsi que les réalisations de ses organismes prédécesseurs pour ouvrir la voie à cette alliance durable en matière de renseignement.

*En 1952, l’entente BRUSA a été rétroactivement renommée UKUSA, étant donné que le nom « Grande-Bretagne » n’est utilisé qu’avec les pays du Commonwealth et que le nom « Royaume-Uni » (United Kingdom en anglais) l’est avec tous les autres.

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